A trois bonnes heures d’Adelaide, nous voilà à Loxton, dans les terres reculées du South Australia. C’est ici qu’on nous a donné rendez-vous pour nos premier pas dans le grape picking (vendanges). Ben et Tiphaine sont également de la partie.
Au point de rendez-vous on se retrouve être 8 français sur 14 personnes. Décidément y’en a vraiment partout…Mais ils sont généralement sympas
1er jour
Sur place les ouvriers permaments sont très mal organisés. Le travail est mal réparti, et ne parlons pas du comptage des buckets (seaux). En plus nous aurions besoin de snippers, petits ciseaux pour détacher les grappes. Mais ils ne veulent pas nous en donner, prétextant qu’on peut faire sans. Les vignes elles sont envahies de mauvaises herbes, mal taillées et le raisin pourtant excellemment bon est parfois pourri ou grillé.
Il est convenu que nous soyons payés à la bucket. Le gars avait dit au téléphone que les gens se faisaient entre 100 et 150$ par jour. Bon… On demande quand même combien on est payé par seau mais pas de réponse, ils ne savent pas. Au bout de deux heures on s’énerve un peu et après maintes autres demandes ils lâchent « 85 cents ». C’est peu, d’autant plus que le seau doit être plus que rempli (le gars nous fait des pyramides de grappes au dessus). Ça sent l’arnaque. Les rangées son très inégales en terme de qualité et quantité de raisin. Le matin en une rangée j’ai fait 25 buckets avant de bien choisir mon rang dans l’après midi où j’ai rempli 53 buckets.
Les conditions de travail sont déplorables. On est à genoux à ramasser les grappes à la main, sans ciseaux, sous un soleil de plomb, dans des mauvaises herbes avec des boules piquantes et collantes (pleins d’épines dans les doigts et les genoux), avec des mouches coriaces partout, dans les yeux, les oreilles…
En 9 heures de travail j’aurai ramassé environ 500kg de raisins pour lesquels je serai payé (si je suis payé car bien sûr il n’y a pas de contrat) 85$ (soit environ 45€).
Quand je me disais que je préférai dépenser mes sous ici et rentrer en France pour en regagner je n’avais pas tord. Je comprend aussi un peu mieux les galères dans lesquelles ont été Fanny et Aurélie.
Les gars ont fait encore moins de buckets que moi car l’après-midi ils ont continué sur les mêmes rangées pourries que celles du matin. Un peu dégouté on part de là sans savoir si on reviendra travailler le lendemain. En effet il nous faut absolument des sécateurs pour le raisin noir. Le gars veut qu’on en achète… Super on est pas payé et faut en plus qu’on fasse des dépenses…

La nuit tombe on ne sait pas encore où dormir et se laver pour pas cher. Frederico et Kazumi, un couple Italiano-Japonais (qui possèdent le même van, mais de 1980 !), très sympas, nous conduisent à leur spot à côté de la rivière. Détente et « décrassage » à côté de pélicans et kangourous s’abreuvant dans l’eau très trouble de la Murray.
Photos de Rico pour changer.
2ème jour
Allez, on se motive, le superbe lever de soleil aidant ! On tente notre chance sans snippers et heureusement le gars nous en fourni (des pourris mais c’est mieux que rien). On est sur du raisin noir, les pied de vigne sont plus haut et moins galères. Mais les buckets font 2 à 3 fois la taille de celles de la veille. On cherche à savoir le prix, mais comme la veille pas de réponse… Ca commence à être très agaçant ! Finalement le tarif tombe : 1$60 la bucket. J’en fait un peu plus de 4 en une heure, ce qui fait un salaire de 7$50/heure environ. Foutage de gueule ! En une semaine de travail ici j’aurai gagne autant qu’en 1 journée à LCI !!!
On est plusieurs à se rebeller. Les gars décident d’appeler leur patron. Celui-ci ne veut rien entendre. On aimerait bien le rencontrer pour savoir un peu comment ça se passe, mais il nous dit que si il vient on doit lui payer le déplacement. C’en est trop, nous et une bonne partie du groupe décidons de partir. On note sur un bout de papier nos coordonnées bancaires et le nombre de buckets que nous avons ramassées et voilà. Adios, on ne sera surement jamais payé ! Un gars m’expliquait que bien souvent ils s’y prenaient ainsi. Ils savent qu’il y a pleins de gens qui cherchent du taf; il nous font donc travailler dans des conditions de merde et on fini par quitter le job au bout d’un jour ou deux sans chercher à être payé, faute de temps. Là de toute façon on avait rien de mieux à faire.
Pour vous montrer à quel point ces mecs étaient à l’arrache : quand Fredrico a quitté la ferme le gars n’ayant pas de crayon ni de papier pour noter ce qu’il avait fait, il a pris un cailloux et a gravé sur son tracteur le nombre de buckets… Nan mais ils sont malades ici !
On passe le reste de la journée à faire le tour des usines de la région mais sans succès. Les productions de fruits commenceront dans un mois, et pour le vin c’est presque terminé.
On campera le soir avec de nombreux français (pour changer !). Demain on repart vers Adelaide on cherchera du travail sur la route.
Admirez le Rico new look !